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Faut-il encore regarder la télé en 2026 ?

regarder la télé

La question paraît presque provocante. Pourtant, elle revient souvent, comme si regarder la télévision relevait désormais d’un vieux réflexe qu’il faudrait justifier. Entre les plateformes, les réseaux sociaux, YouTube, les podcasts filmés et les vidéos courtes, l’écran du salon n’a plus le monopole du récit, ni même celui du direct. Et malgré tout, la télévision n’a pas disparu. Elle a changé de place.

La télé n’est plus seule, mais elle n’est pas morte

Le premier malentendu consiste à croire que la télévision aurait été remplacée par le streaming. En réalité, les usages se superposent plus qu’ils ne s’annulent. Médiamétrie indique qu’en 2025, les Français ont passé en moyenne 4 h 14 par jour à regarder des contenus vidéo, tous écrans confondus. Ce chiffre dit quelque chose d’essentiel : nous ne regardons pas moins, nous regardons autrement.

La télévision, elle, continue d’exister dans ce paysage éclaté. L’Arcom rappelle d’ailleurs que le téléviseur reste présent dans près de 89,7 % des foyers français, même si le smartphone est désormais l’écran le plus répandu. Plus intéressant encore, la télévision connectée est installée dans 87,2 % des foyers équipés d’un téléviseur et l’IPTV est devenue le premier mode d’accès à la télévision en France.

Autrement dit, la télé n’a pas été effacée par le numérique. Elle a été absorbée par lui.

Ce que l’on regarde encore à la télévision

Le direct reste l’un des derniers grands avantages du média télévisuel. Médiamétrie notait encore en 2025 que les programmes en live représentaient près de 90 % du temps de visionnage de la télévision. Cela vaut surtout pour l’information, le sport, certains divertissements et, de façon plus générale, tous les moments que l’on regarde mieux quand ils sont partagés au même instant.

C’est sans doute là que la télévision conserve sa vraie singularité. Elle ne gagne plus sur la liberté de choix, puisque les plateformes font mieux. Elle ne gagne plus sur l’interface, puisque les usages sont désormais fluides partout. Elle gagne encore sur l’événement. Un match, une soirée électorale, une cérémonie, une émission qui déclenche une conversation collective dès sa diffusion. La télévision reste forte quand elle redevient un rendez-vous.

Les jeunes ne la regardent pas de la même manière

Le clivage générationnel est net. L’Arcom souligne que, chez les plus de 50 ans, la télévision linéaire reste largement dominante sur le téléviseur connecté. En revanche, chez les 15-34 ans, elle devient beaucoup moins centrale, et chez les moins de 25 ans, elle ne figure même plus parmi les trois usages les plus fréquents sur une TV connectée, dépassée notamment par les applications musicales et les jeux vidéo en ligne.

Cela ne signifie pas que les jeunes désertent complètement le grand écran. Cela signifie qu’ils l’utilisent autrement. Le poste de télévision devient un support parmi d’autres, parfois pour Netflix, parfois pour YouTube, parfois pour une console, plus rarement pour une chaîne au sens traditionnel. Ce glissement est culturel autant que technique. La télévision n’est plus une destination. C’est un terminal.

Alors, faut-il encore la regarder ?

Oui, mais plus pour les mêmes raisons qu’avant. Regarder la télévision en 2026 n’est plus un geste automatique. C’est un choix ponctuel, lié à certains formats, à certaines habitudes, à certaines temporalités. On n’allume plus forcément “la télé” comme on le faisait il y a quinze ans. On lance un flux, un direct, un programme précis.

La vraie question n’est donc pas de savoir si la télévision mérite encore d’être regardée. Elle est de savoir ce qu’on attend d’elle. Si l’on cherche une consommation libre, algorithmique, fragmentée, les plateformes ont pris l’avantage. Si l’on cherche un moment commun, un rythme éditorial, un ancrage dans l’actualité ou un certain rapport au direct, la télévision garde encore une place.

Ce qui change vraiment, c’est notre relation au temps

La télévision oblige encore, un peu, à se laisser porter par une grille, par une programmation, par une hiérarchie de l’attention décidée ailleurs. C’est précisément ce qui la fragilise pour certains et ce qui la rend précieuse pour d’autres. Dans un univers saturé de choix, le fait de ne pas tout choisir soi-même peut aussi devenir une forme de confort.

En 2026, regarder la télé n’a donc rien d’archaïque. C’est simplement une pratique qui a cessé d’être dominante. Elle cohabite avec d’autres formes de visionnage, plus souples, plus individuelles, plus fragmentées. La télévision ne règne plus. Mais elle n’a pas disparu. Elle est devenue un média parmi d’autres, capable encore, dans certains moments, de rassembler mieux que tous les autres.

Julien explore les questions financières, les mutations sociales et les tendances du quotidien. Il décrypte les mouvements qui transforment nos choix, nos comportements et notre manière d’aborder les enjeux de société.